Le dormeur Duval

 

Recueil de poèmes inspirés, Color Gang, 2019

https://www.colorgang.eu/boutique/Le-dormeur-Duval-Bernard-Deglet-p685251815/ 

"Ce jour je parle à ce type dans le train c’est un chercheur belge il fait pousser des pétunias ce sont dit-il de grands mutants il est rare que leur croissance n’abime pas leur génome il y en aura toujours un pour pousser sans pétale avec une tige translucide ou un piercing dans le pistil je les arrache dit-il je les séquence dit-il je compare leur génome avec le génome de base et comme cela j’identifie le gène maître des pétales, de la couleur de tige, du piercing en pistil, ce que j’apprends dit-il est largement transposable aux plantes de la même famille, exemple les pommes de terre, exemple les tomates.

*

Sur ce il descend à Vienne avec son vélo je le regarde s’éloigner sans pétales il n’a pas non plus de pistil ses mollets sont translucides il a un Papillusion sur l’épaule je voudrais réagir me ruer trop tard le train redémarre ce sera impossible, impossible, de les attraper tous."



 

Dans la boîte avec Léon

 

Roman quantique, No-Nobstant, 10 €. 

"Schrödinger explique que si l’on met un chat dans une boîte avec un dispositif quantique qui a une chance sur deux de le tuer, c’est finalement notre regard sur le chat lorsque nous ouvrirons la boîte qui déterminera si le chat est, de fait, mort ou vivant.

Dans « Alice au pays des merveilles », ce chat est le chat du Cheshire. Il apparaît et disparaît périodiquement, et à la fin il ne reste de lui que son sourire.

Sandra dit qu’elle a souvent vu un chat sans sourire, mais jamais un sourire sans chat.

Je lui explique qu’Alice fait exactement la même remarque, que c’est une remarque complètement idiote mais que c’est elle qui fait exister le chat, alors même qu’il a disparu.

Et si on disparaissait, comme ça, pour exister ?"

 Commander directement à l'auteur bernard.degmet(at)free.fr

 

 

Moi, Président

Moi, Président 

Feuilleton à l'eau de rose : l'amour serait-il l'antidote du cynisme le plus... échevelé ?
https://grostextes.fr/publication/moi-president/
"Moi, Président, je vous le dis, on n’a pas assez de pensées positives sur ce monde, on n’a pas assez de paroles constructives sur ce monde

On n’écrit pas assez de choses en faveur de ce monde d’urgence et de violence

Manifestons sans inhibition notre fierté d’avoir oublié les enseignements et largement entrepris l’enterrement de nos enfants sous le poids de l’argent

Proclamons la justesse de notre choix d’avoir librement donné le pouvoir aux barbares

Oui, soyons fiers d’avoir su construire puis imposer aux esprits archaïques ce modèle universel de libre échange et de guerre économique mondialisée qui stigmatise ses victimes et nourrit les îles caïmans"


Sur FB




Je Charlie Donc je suis (et autres rimes regrettables)

Suite de rimes regrettables, vraiment
Livre typographié
Publié en 2015 chez Color Gang dans un bunker d'Europe de l'Ouest

Voir et acheter sur le site de l'éditeur

Le vieux monsieur est implicite
Il lui prête un appartement
Elle garde ses bas et il la bite
Sans jamais enlever ses gants

 




Dabek se précipite


Théorie de miniatures tchécoslovaques, livre publié en 2011 chez Color Gang avec le soutien du CNL
"Une écriture qui ne ressemble à rien" (Alain Wexler)
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"Refermant trop brusquement cette vieille bible hébraïque dont il croyait les gonds moins huilés, Dabek expulse les millions de signes qui y reposaient dans un ordre voulu et qui flottent maintenant dans l’air, poussière, poussière retournant à la poussière sans avoir fait grand-chose entre temps. Cela l’allège. Il aime les cathédrales écroulées, oubliées. Il aime ce qu’il en reste et qu’il imagine. Il voudrait croire que c’est chaque fois une hêtraie. Il voit des hommes s’y réunir entre les blocs de pierre. Un chuchotis de prières extasiées monte depuis les sombres capuches basses vers les ogives végétales et s’échappe ensuite plus haut, traduit en oiseau, vers le ciel et un espoir absent. On n’a besoin de rien d’autre."

 


Probable le mercredi



Roman publié en 2006 chez Buchet-Chastel grâce à Maren Sell
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"- Le bien être, poursuit l’homme, voilà le mot, voilà ce qui nous tient par les roubignolles en nous donnant l’illusion d’une caresse. La vision séculière et temporelle qui était celle du progrès a cédé la place à la religion intemporelle du bien être. La continuité du temps, ce mythe fondateur, est abolie, nous vivons par fragments, morceaux, séquences, trips, des moments calibrés où l’on se sent bien, sans tension intérieure, des moments achetés par l’alcool, la bouffe, la drogue, les écrans, la culture numérisée. Où rien de ce qui nous concerne ne nous concerne plus, où la première mi-temps sera suivie d’une deuxième, et où tout cela n’a plus aucune importance… Le rêve du progrès, parfaitement honorable même si peu réaliste, le rêve de progrès constant grâce auquel chaque génération profiterait des sacrifices de la précédente et s’appuierait sur ses réalisations pour parvenir à une méritocratie moins imparfaite, ce bon vieux rêve, donc, s’est vu délogé et remplacé par le cauchemar d’une incitation à un bien être généralisé, à un droit au bonheur aussi démesuré qu’aveugle et incontrôlé.


- Mais pourquoi s’agirait-il d’un cauchemar ? interroge Zao..."