Probable le mercredi



Roman publié en 2006 chez Buchet-Chastel grâce à Maren Sell
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"- Le bien être, poursuit l’homme, voilà le mot, voilà ce qui nous tient par les roubignolles en nous donnant l’illusion d’une caresse. La vision séculière et temporelle qui était celle du progrès a cédé la place à la religion intemporelle du bien être. La continuité du temps, ce mythe fondateur, est abolie, nous vivons par fragments, morceaux, séquences, trips, des moments calibrés où l’on se sent bien, sans tension intérieure, des moments achetés par l’alcool, la bouffe, la drogue, les écrans, la culture numérisée. Où rien de ce qui nous concerne ne nous concerne plus, où la première mi-temps sera suivie d’une deuxième, et où tout cela n’a plus aucune importance… Le rêve du progrès, parfaitement honorable même si peu réaliste, le rêve de progrès constant grâce auquel chaque génération profiterait des sacrifices de la précédente et s’appuierait sur ses réalisations pour parvenir à une méritocratie moins imparfaite, ce bon vieux rêve, donc, s’est vu délogé et remplacé par le cauchemar d’une incitation à un bien être généralisé, à un droit au bonheur aussi démesuré qu’aveugle et incontrôlé.


- Mais pourquoi s’agirait-il d’un cauchemar ? interroge Zao..."